Optimiser ses campagnes Google Shopping, c’est d’abord choisir la bonne structure (Shopping standard, Performance Max ou les deux), puis segmenter les produits selon leur marge et leur performance réelle, fixer un ROAS cible cohérent avec votre rentabilité et nettoyer régulièrement les requêtes qui déclenchent vos annonces. Les promotions, les avis et un suivi des conversions fiable font ensuite la différence. Voici la méthode que j’applique sur les comptes e-commerce, côté campagne.

En bref

  • Depuis fin 2024, quand une campagne Shopping standard et une campagne Performance Max ciblent le même produit, Google départage les deux par le classement de l’annonce et non plus par une priorité automatique à Performance Max.
  • Une segmentation par marge et par performance évite que le budget se concentre sur quelques best-sellers peu rentables.
  • Le ROAS cible se calcule à partir de votre marge : avec 40 % de marge brute, le seuil de rentabilité se situe à un ROAS de 250 %.
  • Le rapport sur les termes de recherche et les mots clés à exclure restent indispensables, y compris en Performance Max.
  • Sans valeur de conversion fiable, aucune stratégie d’enchères au ROAS ne peut fonctionner correctement.

Shopping standard ou Performance Max : quelle structure choisir ?

Les deux formats utilisent le même flux Merchant Center, pour des besoins différents. La campagne Shopping standard diffuse uniquement sur les emplacements Shopping et vous laisse un contrôle fin : groupes de produits, enchères au CPC possibles, mots clés à exclure, paramètres de priorité entre campagnes. Performance Max diffuse sur l’ensemble de l’inventaire Google (Search, Shopping, YouTube, Display, Discover, Gmail, Maps) et s’appuie davantage sur l’automatisation.

Critère Shopping standard Performance Max
Emplacements Shopping uniquement Tout l’inventaire Google
Contrôle des enchères Élevé (CPC manuel ou Smart Bidding) Smart Bidding uniquement
Termes de recherche Rapport complet Rapport disponible, moins détaillé
Volume de données nécessaire Faible à moyen Plus élevé pour bien apprendre
Cas d’usage idéal Catalogue à tester, petit budget, contrôle fin Catalogue mature, historique de conversions solide

Je combine souvent les deux : Performance Max sur les produits qui ont un historique suffisant, Shopping standard pour tester de nouvelles gammes ou garder la main sur des produits sensibles. Depuis fin 2024, si les deux ciblent le même produit, la meilleure annonce aux enchères l’emporte : répartissez donc clairement les produits entre campagnes. Pour aller plus loin sur ce format, lisez mon guide Performance Max : profiter de l’IA sans perdre le contrôle.

Comment segmenter ses produits pour protéger la rentabilité ?

Une campagne unique « tous les produits » est la structure que je rencontre le plus souvent en audit, rarement la plus rentable. L’algorithme concentre le budget sur les produits qui génèrent le plus de ventes, pas forcément sur ceux qui rapportent le plus de marge. Plusieurs axes de segmentation sont possibles :

  • Par marge : produits à forte marge (ROAS cible plus bas acceptable) et produits à faible marge (ROAS cible plus exigeant).
  • Par performance : produits stars, produits qui dépensent sans vendre, produits jamais diffusés. Ces derniers méritent souvent une campagne dédiée pour obtenir des impressions.
  • Par prix : un panier à 30 euros et un panier à 600 euros n’ont pas le même comportement d’achat ni le même CPC acceptable.

Techniquement, cette segmentation repose sur les étiquettes personnalisées (custom labels) du flux. Leur mise en place, comme tout le travail sur les titres, attributs et images, est détaillée dans mon article optimiser son flux produit Google Shopping. Une segmentation utile tient en trois ou quatre groupes, pas en vingt campagnes qui manquent chacune de données.

Quelle stratégie d’enchères et quel ROAS cible choisir ?

Pour un e-commerçant, la stratégie de référence est le ROAS cible (retour sur les dépenses publicitaires), ou l’optimisation de la valeur de conversion sans cible au lancement. La cible doit avoir un sens économique.

Le calcul de base : ROAS de rentabilité = 1 / taux de marge. Avec une marge brute de 40 %, chaque euro de publicité doit générer 2,50 euros de chiffre d’affaires pour ne pas perdre d’argent, soit un ROAS de 250 %. Intégrez ensuite livraison, retours et frais fixes pour obtenir votre vraie cible.

  1. Lancez en maximisation de la valeur de conversion si l’historique est faible.
  2. Passez au ROAS cible une fois un volume de conversions régulier atteint, en partant du ROAS constaté.
  3. Ajustez par paliers modérés, avec des cibles différentes par segment de marge.

Détails dans mon guide sur le Smart Bidding et les enchères automatiques.

Comment exploiter les termes de recherche et les exclusions ?

En Shopping, c’est le flux, pas vous, qui détermine les requêtes. Chaque semaine sur un compte actif, je passe en revue le rapport sur les termes de recherche pour repérer :

  • les requêtes hors sujet ou trop génériques qui consomment du budget sans vendre ;
  • les requêtes d’information (« notice », « comment réparer ») rarement transactionnelles ;

En Shopping standard, les exclusions se font au niveau de la campagne ou via des listes partagées. En Performance Max, Google a ouvert en 2025 un rapport sur les termes de recherche et la possibilité d’ajouter des mots clés à exclure au niveau de la campagne, avec une limite annoncée de 10 000 exclusions. Les exclusions de marques permettent aussi d’éviter que Performance Max capte votre propre marque, déjà couverte par ailleurs.

Avec la structure standard, les paramètres de priorité (faible, moyenne, élevée) permettent aussi une technique classique : une campagne prioritaire à enchère basse pour les requêtes génériques, et une campagne moins prioritaire à enchère plus haute qui ne capte que les requêtes précises, grâce aux exclusions.

Promotions, avis, livraison : quels leviers activer ?

À prix égal, l’annonce la plus riche attire le clic. Plusieurs éléments de Merchant Center enrichissent vos fiches :

  • Les promotions : un code ou une offre déclarée dans Merchant Center s’affiche sous forme d’annotation sur les produits concernés, après validation par Google.
  • Les notes de produits : si vous collectez des avis produits via un prestataire agréé, les étoiles peuvent apparaître sur vos annonces.
  • Les notes du marchand : selon Google, il faut en général au moins 150 avis sur les 12 derniers mois pour qu’elles s’affichent.
  • La livraison et les retours : délais et politique de retour bien configurés rendent l’offre plus lisible.

Comment suivre et piloter la rentabilité réelle ?

Tout ce qui précède repose sur un prérequis : des conversions d’achat qui remontent avec la bonne valeur, sans doublon, et le plus complètes possible malgré les refus de cookies. Concrètement, cela passe par un tag d’achat qui transmet le montant de la commande, les conversions améliorées et un Consent Mode v2 correctement configuré. Je détaille la méthode dans mon article sur le tracking des conversions Google Ads.

Pilotez ensuite au bon niveau : par produit, par segment et par canal (le rapport de performances par canal de Performance Max aide beaucoup), pas seulement au ROAS global. Si vos marges varient fortement d’un produit à l’autre, les conversions avec données de panier permettent d’aller plus loin en intégrant le coût des marchandises.

Ma checklist mensuelle sur un compte Shopping :

  1. Vérifier que les produits principaux sont approuvés et diffusés dans Merchant Center.
  2. Contrôler la cohérence entre les ventes remontées dans Google Ads et celles du back-office.
  3. Identifier les produits qui dépensent sans vendre et ceux qui ne reçoivent aucune impression.
  4. Passer en revue les termes de recherche et mettre à jour les exclusions.
  5. Comparer le ROAS réel de chaque segment à sa cible et ajuster.
  6. Préparer promotions et budgets des temps forts (Black Friday, Noël) à l’avance.

Si vous préférez déléguer ce pilotage, c’est précisément le cœur de mon accompagnement d’agence SEA e-commerce.

Questions fréquentes

Faut-il abandonner Shopping standard au profit de Performance Max ?

Non, pas systématiquement. Performance Max est souvent efficace sur un catalogue mature avec un bon historique de conversions, mais Shopping standard reste utile pour tester des produits, travailler avec un petit budget ou garder un contrôle précis. Beaucoup de comptes performants combinent les deux avec une répartition claire des produits.

Quel ROAS viser sur Google Shopping ?

Il n’existe pas de bon ROAS universel : il dépend de votre marge. Le seuil de rentabilité se calcule avec la formule 1 divisé par le taux de marge, par exemple 250 % pour 40 % de marge brute. Votre cible doit ensuite intégrer livraison, retours et frais fixes.

Peut-on exclure des mots clés dans Performance Max ?

Oui. Depuis 2025, Google permet d’ajouter des mots clés à exclure au niveau de la campagne Performance Max, en plus des exclusions de marques. Un rapport sur les termes de recherche est également disponible pour identifier les requêtes à exclure.

Combien de temps faut-il pour juger une campagne Shopping ?

Comptez au minimum deux à quatre semaines après un lancement ou un changement de stratégie d’enchères, le temps de la période d’apprentissage. Avec peu de ventes, il faut attendre davantage.

Le flux produit a-t-il plus d’impact que les réglages de campagne ?

Les deux sont liés, mais le flux conditionne l’éligibilité et la pertinence de vos produits sur chaque requête. Une campagne parfaitement réglée ne compensera pas des titres pauvres ou des produits refusés.

Une campagne Google Shopping rentable repose sur une structure claire, une segmentation guidée par la marge, des enchères alignées sur votre rentabilité et un nettoyage régulier des requêtes.

Vous voulez un regard extérieur sur votre compte ? Demandez votre audit Google Ads gratuit : j’analyse votre structure Shopping et Performance Max, vos enchères et votre tracking, et je vous indique les priorités concrètes.


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